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La Résidence Universitaire d’Antony dite RUA fait partie du patrimoine de notre commune. Installée à quelques pas du centre-ville, la cité universitaire accueille plus de 2.000 étudiants. Une vraie ville « estudiantine » intégrant des espaces d’études, une école maternelle, un centre de soin... Reste que tous ces espaces, logements compris, ont vieilli. La RUA a bien besoin d’une remise à neuf mais elle est surtout pour l’équipe municipale de droite dirigée par Patrick Devedjian, un enjeu immobilier considérable sur fond de bataille idéologique.
Imaginez 10 hectares en face du Parc de Sceaux et à 20 minutes du centre de Paris. Quel promoteur n’aurait pas envie de prendre possession de ces terrains pour y construire qui des bureaux, qui des appartements de standing…Et pour Patrick DEVEDJIAN l’un de ses souhaits le plus cher c’est d’organiser la disparition de la RUA parce que l’histoire de cette résidence est liée aux mouvements de lutte contre les guerres du Vietnam et d’Algérie ; au mouvement de mai 68… cette résidence représente donc tout ce qu’il a combattu lorsqu’il militait à Occident. (cf. le livre est sur l’histoire de ce groupe d’extrême droite)
Le statut juridique de la RUA : le CROUS (centre Régional des Œuvres Universitaires et Sociales) a reçu dévolution des droits et obligations de l’Université de Paris. Les articles de la convention du 7 mai 1952 et de l’avenant du 1er octobre 1958 n’ont jamais été abrogés. Ils précisent que « la destination des terrains de la RUA deviendront, en totalité et à titre gratuit la propriété de l’Université de Paris en 2019 ». Mais tout cela a été remis en cause sans être pour autant abrogé, par la loi du 13 août 2004 qui dans son article 66 permet au communes ou à leur groupement d’exercer la compétence du logement étudiant sur leur territoire, d’où la difficulté actuelle à bien maîtriser le statut de la Résidence.
1- la bataille idéologique commence par le dénigrement du quartier et de ses locataires. Comme il est dit dans un vieux proverbe chinois : « Quand on veut noyer son chien, on l’accuse d’avoir la rage ».
Aujourd’hui dans notre commune les rumeurs vont bon train sur la RUA.
· « Sur un total de 2.000 résidents, il n’y aurait que 700 vrais étudiants » ou dit autrement « lorsque je fais pour footing je croise des personnes qui n’ont plus l’âge d’être étudiants.. »
· Après viennent aussi les rumeurs d’un autre genre : « C’est un foyer d’intégristes » ; « il y a une mosquée clandestine »
· Enfin pour donner une vue d’ensemble rajoutons ces ouï-dire sur le soit disant phénomène de sous location : « Comme le CROUS ne parvient pas à gérer, certains mal intentionnés en profitent pour se faire de l’argent en sous louant leur chambre très cher jusqu’à 500 € voire 600 € par mois »,
· Mais il faut également savoir que la RUA « est l’un des quartiers les plus dangereux de la ville », « personne n’ose s’y aventurer le soir ».
Ce genre de rumeur circule depuis des années à Antony. Pourtant vivre à la RUA ce n’est pas cela.
C’est selon les mots mêmes du commissaire de Police « le quartier le moins criminogène de la ville, bien moins dangereux que le centre ville… »
Pour preuve encore la municipalité qui cherche à installer provisoirement pour cause de travaux une partie de l’école de la croix de Berny a finalement optée pour l’intégration dans les locaux d’un des bâtiment de la RUA à côté de l’école maternelle existante dans le bâtiment C. Si ce quartier avait été dangereux croyez vous que la municipalité aurait proposé d’y organiser l’accueil de nos enfants ?
Pour les rumeurs, tout a été dit ou presque. Déjà en 1974, les arguments étaient les mêmes, le syndicat étudiant UNI proche de l’extrême droite dénonçait déjà le scandale que représente la RUA et de dénoncer : « la présence d’un nombre considérable de résident clandestins, … présence permanente d’une faune parfaitement indésirable tant sur le plan de la salubrité que sur celui de la moralité… ». Les mêmes expliquaient que « la prostitution était une pratique courante à la Résidence » ; que « les vols et agressions de toutes sortes étaient quasiment quotidien » ; que plus de la moitié des étudiants ne payaient pas leurs loyers».
2- Toujours dans le même état d’esprit, et pour légitimer les projets, il faut faire constater au plus grand nombre l’état de délabrement du bâti. L’opération de communication vise à convaincre les hésitants que tout vaut mieux que l’existant.
Dans le journal de la droite « Antony d’abord » il était prévu la destruction du bâtiment C « y seront prévus des bureaux à la place de cette cité complètement délabrée, insalubre et sur peuplée.. » (octobre 1989). Ce matraquage sert à préparer les esprits à l’inévitable les nouvelles destructions. Pendant des années les projets de démolitions étaient envisagés bâtiment par bâtiment, après le B ce devait être le tour du C et faute de mieux c’est le G qui devait disparaître.
Mais aujourd’hui, avec la loi du 13 août, les villes ou leur groupement (c’est-à-dire la CAHB) peuvent s’approprier la gestion des résidences universitaires sans qu’aucune obligation en retour ne leur soit imposée. Cela revient à faire de la résidence d’Antony une résidence universitaire en sursis.
Certains pensent que les étudiants en général et la gauche en particulier font un procès d’intention à Patrick Devedjian. Mais comment les étudiants pourraient-ils accorder leur confiance à celui qui a tout fait pour les mépriser, les dénigrer, qui a toujours refuser le dialogue et qui souhaite et l’affirme régulièrement vouloir détruire cette résidence pour y récupérer les terrains : « … cette cité universitaire qui a été conçue en terme d’urbanisme comme un blockhaus, comme un kyste (…) et qui conserve à l’intérieur un espace en effet qui est intéressant… » P. Devedjian CM du 26 janvier 1995. Récemment encore la directrice de cabinet du maire d’Antony, Sophie DEVEDJIAN confirmait lors d’un conseil municipal que « 500 à 600 étudiants c’est largement suffisant pour Antony ». Le Ministre -reconnaissons lui cela- n’a jamais souhaiter faire des étudiants de la RUA des interlocuteurs légitimes, ça a toujours été le cas également des conseillers municipaux d’opposition. Devedjian a toujours préféré présenter à des personnes extérieures à notre ville ses visions.
Les projets sont toujours dévoilés dans la presse. Jamais ces desseins ne sont présentés devant l’instance démocratique qu’est le conseil municipal. Nombre de ces projets n’ont fort heureusement pas vu le jour car il n’y avait pas de logements pour les étudiants dans ces plans. Pour bien comprendre ce jeu de cache-cache qui se déroule sur le terrain et fait des étudiants de simples pions, faisons un peu d’histoire.
3- Les campagnes relayées par la presse visent autant à informer qu’à « intoxiquer ». Ainsi en 2002, le journal le Parisien avait titré un de ces articles sur la RUA : « la résidence n’attire plus les étudiants ».
Campagne importante car si même les étudiants ne veulent plus y résider alors plus rien ne s’oppose à sa démolition. Derrière le titre qui cherche à accrocher le lecteur il y a ceux qui développent l’idée afin qu’elle se répande jusqu’à devenir une évidence incontestable. Parmi les personnes interviewées qui affirment que les étudiants refusent d’être logés à la RUA d’Antony, certains responsables du CROUS. Pourtant ces mêmes responsables ont tout fait pour ne pas renouveler la convention qui lie le lycée Lakanal à la RUA pour permettre à des étudiants remplissant les critères sociaux et suivant des études à Lakanal de bénéficier de chambres à la RUA. Après maintes et maintes relances le CROUS a accepté de signer de nouveau cette convention mais en diminuant de moitié le nombre de chambres accessibles. L’argument d’alors : « il n’y a plus de chambres disponibles car les demandes sont trop importantes… » Sans commentaires !!!
1952/1973
La RUA a été construite dans les années 50, période où la France avait besoin de former massivement les futurs cadres de la Nation. La RUA offrait 3.000 places dont 450 pour les jeunes couples étudiants.
A sa construction la RUA (convention de 1952) la RUA comprenait 8 bâtiments. Il en reste 7 aujourd’hui, depuis la démolition du bâtiment B (350 chambres) décomposées comme suit : 1563 chambres pour célibataires et 489 deux pièces pour jeunes ménages. Unique en son genre par sa taille, elle l’était aussi par la qualité des services qu’elle proposait aux étudiants (une salle de spectacle de 450 places ; un centre sportif ouvert aux Antoniens et à la fac d’Orsay qui a participé au financement de sa rénovation, un dispensaire géré aujourd’hui par la Croix rouge, une école maternelle et une bibliothèque sans bibliothécaire nommée par le CROUS donc fermée). A cela s’ajoutaient les groupes d’études qui offraient un soutien encadré par des professeurs volontaires en direction des étudiants. Pour mémoire les résultats aux concours tels que le CAPES ou l’agrégation y été excellent. D’après certains les taux de réussites pouvaient atteindre ceux des prépa de Normal Sup. Pour s’en convaincre il suffit de regarder la liste des anciens résidents, parmi ceux-ci l’on trouve Lionel JOSPIN, le Préfet ERIGNAC. D’autres ont réussi de brillantes carrières médicales, scientifiques ou littéraires…Et n’oublions pas ces éminents étrangers qui comme Abdou DIOF, ancien président de la République du Sénégal, ont résidé à la RUA et on fait de celle-ci sa renommée internationale.
1974/1983
Alors que des travaux dans deux bâtiments et des financements annoncés, le CROUS déclare ne plus avoir de crédits pour réhabiliter le bâtiment B, bientôt vidé de ses habitants. Ce bâtiment sera fermé en 1975. Le ministre des universités de l’époque JP Soisson avait préféré faire fermé ce bâtiment que respecter les engagements concernant les financements nécessaires à la rénovation.
Ce bâtiment restera vide durant 10 ans, dix ans durant lesquels l’abandon et le manque d’entretien ont contribué à dénigrer l’image de la RUA.
Un projet existait à l’époque de rénovation de bâtiment qui avait été élaboré du temps de la mandature de gauche –André AUBRY- (1977-1983) qui prévoyait de conserver l’ossature du bâtiment, de transformer les 315 chambres étudiantes en 116 logements à destination de jeunes et d’y installer en rez-de-chaussée des commerces qui permettaient une intégration en douceur de la résidence à la ville en revitalisant le quartier. Les accords existaient mais les financements publics ont, une nouvelle fois, manqué et cette réhabilitation a été très vite enterrée par la cette nouvelle équipe de droite qui s’empara de la commune en 1983.
1984/1986 :
Dès octobre 1984 la ville d’Antony, dirigée depuis moins d’un an par P. Devedjian a saisi le conseil d’administration du CROUS de Versailles d’une demande de rachat. Demande impossible à l’époque : « il existe une convention et une affectation qu’il n’est pas possible de modifier. »
En février 1985, sans information publique, une convention est négociée avec l’OPDHLM et le CNOUS (l’échelon national des CROUS) pour permettre l’installation de plusieurs services dont la Sous-préfecture…
Année 1986, trois ans à peine après ses premières déclarations le Maire de l’époque, P. Devedjian, obtenait dans le cadre d’un accord peu clair la démolition du bâtiment.
C’est évidemment par la presse nationale que les Antoniens ont découvert à l’époque le projet de M. Devedjian sur la réaffectation du Bâtiment B de la RUA. M. Devedjian a décidé, en toute discrétion, de faire racheter ce bâtiment par la ville (propriété de l’Office départemental HLM) pour le raser et construire à sa place « un centre administratif ». Ainsi fut fait et installé la Sous-préfecture et le commissariat de police. Les arguments qui furent utilisés à l’époque sont les mêmes que ceux qui circulent aujourd’hui : « A première vue on peut penser tenant compte de l’état actuel du bâtiment qui ressemble plus à un bidonville qu’à autre chose, que toute solution sera de toutes façons préférable à la situation actuelle »… « On peut penser aussi que la création d’un Centre Administratif n’est pas en soi une mauvaise idée… Permettre aux antoniens d’effectuer leurs démarches dans un même lieu est intéressant». Bref le bon sens devait l’emporter.
On oublierait presque qu’il existait déjà dans notre commune un centre administratif constitué par l’Hôtel de ville et la Sécurité sociale qui ne demandé qu’à s’agrandir et à être renforcé par l’arrivée de nouveaux services. Il existait à l’époque à proximité des terrains susceptibles d’accueillir le commissariat, il aurait ainsi été plus accessible pour la population. Maintenant le commissariat est installé à l’écart de la ville, en bordure de la A 86, loin de toute déserte en transport en commun, difficile d’accès et très excentré.
1987/1989
Septembre 1988 : dans la foulée de la démolition du bâtiment B, P. Devedjian fait voter en conseil municipal le principe d’une ZAC (Zone d’Aménagement Concertée) sur le périmètre du bâtiment C cette fois. C’est le plus grand représentant 550 chambres. La droite croyait vraiment qu’après la démolition du premier bâtiment les autres tomberaient comme un château de carte. Ainsi dans le journal du RPR « Antony d’abord » la droite annonçait pour la première fois et la dernière d’ailleurs publiquement la couleur : elle prévoyait la destruction du bâtiment C « y seront prévus des bureaux à la place de cette cité complètement délabrée, insalubre et sur peuplée.. » c’est surtout que les mètres carrés de bureaux ça rapporte plus qu’un étudiant aux revenus modestes.
Le projet n’aboutira faute d’accord avec le CROUS et surtout parce que le gouvernement a, au contraire des précédents, engagé des travaux importants de rénovation. Le ministre de l’Education Nationale de l’époque, Lionel Jospin répond clairement aux interpellations des élus de gauche : « il n’y aura pas d’opération sans autorisation de l’autorité de tutelle, le CROUS –c’est-à-dire le ministère » Et d’ailleurs cette autorité n’est pas d’accord « pour que soit cédé les droits définis par la convention » et « refuse toute diminution du potentiel d’hébergement dont dispose les œuvres universitaires.. » Pour faire suite à ses déclaration le ministre annonce débloque des financements pour des travaux de réhabilitation de la RUA : juillet 1988 travaux de réhabilitation pour 15 millions de F, suivie d’une seconde tranche de travaux qui portera le total à 30 Millions de Francs investis en deux ans !
Les travaux ont concerné les bâtiments A, D et E pour la première tranche et C, F, G et H pour la seconde. Ces travaux ont permis de financer des actions d’isolation phonique et thermique, le remplacement des fenêtres, de la chaufferie et d’améliorer la production d’eau chaude tout en rénovant les façades…
Loin de l’idée d’une résidence abandonnée et fortement délabrée, rappelons qu’au-delà de ces réhabilitations plus récemment les salles des groupes d’études ont été rénovés ainsi que la salle de spectacle, le centre sportif, et les salles d’eau de plusieurs bâtiments ont été récemment refaites.
1995/2001
En janvier 1995 : cette fois c’est le bâtiment G qui est dans la ligne de mire des projets de la municipalité. P. Devedjian en demande le rachat (négociation en toute discrétion visant à organiser la rétrocession par l’OPDHLM (délibération du 28 septembre 1995 ) du bâtiment G la RUA en vue de sa démolition, pour 6 millions de francs ! Le CROUS de l’époque propriétaire des terrains et gestionnaire de la cité ayant fait connaître sa désapprobation cette opération fut stopper in extremis, c’est surtout grâce à la mobilisation des étudiants que cette démolition fut stoppée. La mobilisation fut telle que des subventions furent débloquées pour rénover la façade de ce bâtiment.
Ainsi le projet de l’époque devait aboutir à la destruction de nouveaux bâtiments pour annonçait P Devedjian « « je souhaite aussi qu’une allée relie le centre ville d’Antony au parc de Sceaux » CM du 26 janvier 1995.
Cette allée bordée d’arbres c’était surtout de l’affichage pour masquer le reste du projet car techniquement depuis l’opération menée par l’équipe de P Devedjian de remplacement de l’ancien bâtiment B par la cité administrative… Les bureaux construits constituent de fait une barrière, un mur, qui empêche totalement la réalisation de la liaison tant vantée.
2002/2003
Le CROUS en la personne de son directeur (Cf. lettre du directeur de l’époque Jean Francis Dauriac), avec l’accord de son conseil d’administration, a mené une réflexion de réhabilitation dans toute l’académie des résidences universitaires. C’est dans ce cadre que le CROUS a sollicité la mairie d’Antony (le CROUS dit avoir fait la même démarche en direction d’autres collectivités mais n’a jamais été en mesure de nous les citer) et les services de l’Etat. Le CROUS n’ayant pas les moyens financiers suffisant pour mener à bien les réhabilitations nécessaires il était en recherche de partenaires. Cette opportunité a été saisie par la mairie d’Antony qui acceptait de financer une étude de faisabilité visant à préciser les coûts de ces réhabilitations et d’en définir les modalités. Or la délibération soumise au conseil municipal faisait apparaître des éléments nouveaux et jugés dangereux par les résidents de la RUA. Dans la convention d’étude passée entre la ville d’Antony et la SEM 92 pour « la restructuration du site de la résidence universitaire », cette convention prévoit « la démolition partielle de la résidence… la cession d’une partie du foncier à la ville d’Antony… qui affectera de nouvelles fonctions à ce secteur dans le cadre d’une opération d’aménagement… » L’idée de destruction de la RUA n’a véritablement jamais quittée les esprits de la majorité en place. Et ces années là le CROUS validait cette démarche « l’étude réalisée avec notre accord, doit notamment déterminer quels sont les bâtiments qui peuvent être réhabilités et ceux, qui nécessiteraient, en raison de leur état, une « destruction /démolition. » (Cf. lettre de Jean Francis Dauriac). Car pour son directeur « tout valait mieux que l’existant ». C’est toujours la même rengaine d’autant que le CROUS n’a pas les moyens d’entretenir son patrimoine et ce qui intéresse le CROUS c’est que « L’étude doit enfin proposer les modes de financements qu’il est possible d’envisager et de solliciter ».
Les promesses de financements de la droite municipale ont poussé le CROUS à discuter et à lui laisser les mains libres pour ses projets concernant la RUA. L’idée pour la ville c’était de faire financer par des subventions de l’Etat la démolition d’un certain nombre de bâtiments de la RUA en échange –c’est ce que croyait le directeur du CROUS des constructions sur des villes alentour (membre de l’agglomération). La droite antonienne poursuivait ainsi son but réduire drastiquement le nombre d’étudiants présents sur notre commune pour ne laisser sur le site même que 500 à 600 étudiants (Cf. déclaration de Sophie Devedjian, directrice de cabinet du maire – conseil municipal octobre 2002). Ce projet n’a jamais vu le jour parce que seule la partie démolition/réaffectation des terrains intéressait vraiment l’équipe municipale et que ce projet là été contraire à la loi. En effet la convention de 1952 signée impose une seule et unique utilisation pour ces terrains : « l’édification d’une résidence universitaire », ils ne peuvent donc normalement pas être affectés à d’autres utilisations.
2004
13 août 2004 : Quand la loi gène il faut la changer c’est sans doute ce que s’est dit le ministre des libertés locales lorsqu’il a, profitant de son pouvoir gouvernemental, écrit un article sur mesure dans la loi dite de responsabilités locales qu’il avait la charge de présenter au Parlement. Cette loi (13 août 2004) est passée en seconde lecture sans discussion au parlement, le gouvernement ayant fait usage du 49-3. Cet article vaut la peine d’être étudié précisément : « Les biens appartenant à l’Etat et affectés au logement des étudiants sont transférés par arrêté du représentant de l’Etat dans le département, aux communes ou aux établissements publics de coopération intercommunale qui ont demandé à assumer la charge de la construction, de la reconstruction, de l’extension, des grosses réparations et de l’équipement des locaux destinés au logement des étudiants. Ce transfert se fait à titre gratuit et ne donne lieu au paiement d’aucune indemnité, droit, taxe, salaire ou horaires ».
Un article prévoit également que la gestion des logements peut être confiée à un organisme privé. « La commune, les établissements publics de coopération intercommunale et, le cas échéant, la région d’Ile-de-France peuvent confier à l’organisme de leur choix la gestion des logements destinés aux étudiants construits après l’entrée en vigueur du transfert de compétence prévu au présent article ». Cet organisme pourra choisir ses étudiants selon des critères qui lui sont propres et qui seront discutés seulement avec le partenaire, c’est-à-dire le représentant de la communauté d’agglomération. Cela revient ne plus accorder des chambres étudiantes selon des critères clairs et publics et surtout de s’écarter des critères sociaux donc de ne plus être obligé d’accueillir des jeunes aux revenus modestes. Le ministre/président d’agglomération a régulièrement expliqué que les étudiants de la RUA ne « consommaient pas »…assez !! De la à penser que les pauvres n’ont pas leur place dans notre commune il y a un pas que certains franchissent … surtout si ces pauvres sont … étrangers...
Le 15 décembre 2004, P. Devedjian fait voter au sein de la communauté d’agglomération la demande transfert de propriété et de gestion de la RUA vers la communauté. Comme par hasard c’est en Région parisienne la première commune ou agglomération qui se saisie de cette compétence.
Pourtant cela aurait mérité réflexion. C’est la Région qui à la charge d’établir un schéma régional du logement étudiant et du fait de la spécificité de notre région celle-ci peut assumer la compétence dont s’est saisie la CAHB. Qui a plus vocation à gérer la RUA ? Qui peut bénéficier d’une vue d’ensemble lui permettant de discerner les besoins des années à venir pour l’université et ses étudiants ? Qui peut relever les défis pour accompagner les besoins des étudiants du 21 ème siècle ? A toutes ces questions entre l’agglomération et la Région le doute n’existe pas c’est bien la seconde qui peut vraiment soutenir le besoin de logement étudiant à l’échelle du bassin de formation qu’est la région parisienne.
Pourquoi autant d’empressement ? A cela il suffit de lire l’article de loi, en permettant le transfert de propriété de la RUA sans obligation ni contrepartie. Le nouveau propriétaire des lieux peut s’exonérer de toute obligation normalement due aux locataires occupant lorsqu’il y a transfert de propriété. Aucune garantie n’est alors possible et les étudiants ont raison de s’inquiéter.
La période actuelle : 2006 - 2008
En 2006, Patrick Devedjian décide une fois encore de mobiliser l'appareil d'Etat contre la Résidence. L'objectif est de préciser l'article de loi qu'il s'était construit. Il mandate des amis sénateurs et en mars 2006 un amendement est glissé dans une loi sur la fonction publique territoriale (sans rapport direct avec la RUA). En octobre 2006, lorsque l'Assemblée Nationale examine le nouveau le projet de loi où figure l'amendement Devedjian, il est fait expréssément référence à la RUA. Communication "Citoyens à Antony"
Cet article, introduit par le Sénat à l'initiative de Roger Karoutchi, prévoit que l'Etat peut transférer aux collectivités territoriales les résidences universitaires relevant d'un établissement public, ce qui n'était pas possible avec la loi du 13 août 2004 relative aux libertés et responsabilités locales. A l'époque Patrick Devedjian pensait que la RUA appartenait à l'Etat. Après vérification, il s'est apperçu que ce n'était pas le cas ! Il est obligé, en 2006 et avec l'aide de ses amis politiques, de glisser un correctif dans la loi relatif à la fonction publique territoriale, loi qui là encore n'a rien a voir avec la RUA.
2007
12/10/2007 : Le 12 octobre, la
communauté d'agglomération des Hauts-de-Bièvre a voté
une délibération lui confiant la responsabilité
du logement étudiant. En théorie, la RUA est passée du
giron du Crous de Versailles à la communauté regroupant 7 communes
dont Antony. Mais l'opposition de gauche a déposé un recours
en Préfecture. Le transfert est actuellement suspendu.
Les
étudiants et l'AARUA manisfestent leur opposition à ce transfert.
Ce que la Communauté d'Agglomération se garde bien de dévoiler
c'est qu'elle pourra choisir ses étudiants, détruire tout ou
partie du site d'Antony, s'emparer d'un patrimoine immobilier unique (10 ha)
et favoriser les bailleurs privés... au détriment du logement
social étudiant tout en affirmant le contraire.
Pour la Droite au pouvoir, "il est donc impossible aux collectivités
territoriales, de mener des travaux de réhabilitation de ces immeubles,
et ce au détriment des étudiants qui y résident",
Extrait du rapport de la commission des lois de l'Assemblée Nationale
sur le projet de loi à la fonction publique territoriale (2006). Pour
Jean-Yves Sénant, cela passe par la destruction des chambres existantes.
Bravo ! Pour reconstruire plus grand ? On peut toujours y croire. Avec quel
budget ? quel programme ? Pas un mot dans le Plan Local d'Urbanisme de la
ville proposé en 2006.
Réactions :
- Le Maire d'Antony, Jean-Yves Sénant. La droite refuse ce début de réhabilitation. Sans oser le dire ouvertement, elle veut réduire le logement social étudiants sur son territoire (les étudiants modestes sont aujourd'hui souvent des étudiants de couleur et ils ne rapportent aucune taxe). Tous les arguments sont bons : remplaçons les chambres collectives par des studios individuels (casser les collectifs), l'architecture remarquable des bâtiments d'Eugène Beaudoin ne sont que des barres à détruire, la ville transforme la RUA en ghetto qu'il faut donc supprimer.
2008
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