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Dernière mise à jour du site : 18 juillet 2009

Jean Zay (1904-1944)

Député à 27 ans, ministre à 31 ans, prisonnier politique à 36 ans, assassiné à 39 ans.

Jean-Elie-Paul Zay , de son véritable nom Zacharie, est né à Orléans d'un père juif et d'une mère protestante, le 6 août 1904. Son père Léon, secrétaire général du Conseil des Prud'hummes était rédacteur en chef du Progrès du Loiret. Sa mère, qui était institutrice, avait abandonné son métier pour se consacrer à ses enfants dès la naissance du premier.

Il fait de brillantes études : en 1922, il passe avec succès la première partie du baccalauréat (section latin-grec) et en 1923 la seconde partie (section philosophie) : il reçoit cette année là, le deuxième prix de philosophie du Lycée Pothier d'Orléans. Il va sans plus attendre travailler: il sera journaliste et clerc d'avoué tout en effectuant ses études de droit. Il écrit dans des revues littéraires, se lance dans le roman dès son plus jeune âge, activité qu'il poursuivra pendant ses années de captivité.

En 1931, avocat et journaliste, il gagne bien sa vie. En mars, il épouse Madeleine Dreux, jeune fille de la bonne société de la cité. De leur union devait naître deux filles.

Cette même année 1931, il choisit la carrière politique : il adhère au parti radical-socialiste, se rangeant parmi les "jeunes turcs" (aile gauche). En même temps, il rejoint la franc-maçonnerie (Grand Orient de France).

C'est dans un monde bouleversé par une crise économique gigantesque, où des menaces de toutes sortes se précisent chaque jour, notamment du fait de la montée de l'hitlérisme, que Jean Zay se présente aux élections législatives. Il devait être élu le 8 mai 1932 à 27 ans. Il sera réélu le 3 mai 1936, tandis que la situation politique nationale et internationale ne cessait de s'aggraver. Du 8 mai 1932 jusqu'à la fin de la Troisième République, Jean Zay sera sans interruption député de la première circonscription l'Orléans.

En 1936, Albert Sarraut le prend comme sous-secrétaire d'Etat à la présidence du Conseil. Il est ministre à 31 ans. C'est le plus jeune ministre de la Troisième République. Il va faire partie du nouveau gouvernement consitué par Léon Blum le 6 juin 1936 au poste qu'il ne quittera plus jusqu'à la fin de la troisième République : celui de Ministre de l'Education nationale.

La présence pendant quarante mois du même ministre à la tête du même département en cette période d'instabilité gouvernementale chronique (5 gouvernements de juin 36 à septembre 39), mérite d'être soulignée; elle a permis à Jean Zay d'élaborer un plan d'ensemble cohérent et d'en entreprendre systématiquement la réalisation.

Des réformes importantes sont mise en oeuvre visant à supprimer les inégalités d'origine sociale en établissant la sélection par le mérite. Il entreprend une loi sur l'organisation des enseignements des premiers et seconds degrés, une loi sur le statut juridique du droit d'auteur et du contrat d'édition, la création de l'Ecole nationale d'administration.

Aucun des trois grands projets de loi mis au point par Jean Zay ne sera voté au moment de la déclaration de guerre. Ce sont ses successeurs qui les réaliseront. Cependant Jean Zay, en vertu du pouvoir de décision du ministre en certaines matières, réalise complètement ou partiellement certaines des réformes projetées :

Par ailleurs Jean Zay met au point une politique d'ynamique des musées, du théâtre et du cinéma. Il prend l'initiative d'intéressantes réalisations : organisation de manisfestations et expositions en France et à l'étranger, mesures de protection des monuments, sauvetage des oeuvres d'art françaoises et espagnoles.

Au cours du Conseil des ministres du 10 septembre 1939, une semaine après la déclaration de guerre à l'Allemagne, Jean Zay donne sa démission de Ministre de l'Education nationale.

En 1940, partisan de la Résistance, il s'embarque sur le Massilia avec Georges Mandel et Pierre Mendès France pour poursuivre le combat. Il est arrêté au Maroc sur ordre du gouvernement de Vichy pour désertion.

En juin 1940, il est condamné, sous le chef d'inculpation de désertion devant l'ennemi (le Massilia), à la déportation et à la dégradation militaire (jugement annulé par la cour d'appel de Riom le 5 juillet 1945), peine jamais prononcée depuis l'affaire Dreyfus, pour une durée indéterminée par le tribunal militaire de Clermont-Ferrand, il est détenu successivement au fort Saint-Nicolas à Marseille puis à la prison de Riom. Il subit une violente campagne de presse orchestrée par Philippe Henriot, ministre de l'Information du gouvernement de Vichy, réclamant la condamnation à mort du « Juif Jean Zay ».

Le 20 juin 1944, il est enlevé durant son transfert à la prison de Melun et assassiné par des miliciens de Joseph Darnand dans un bois à Molles dans l'Allier.

Selon le mot de Jean Cassou la rafale de mitraillette de son assasin avait élevé Jean Zay au rand de Ministre de l'intelligence martyre".

Œuvres :
- Jean Zay écrit pendant sa captivité : "Souvenirs et solitude" qui est publié la première fois en 1945.
- Chroniques du Grenier, Ed. L'Ecarlate.

"Jean zay" de Marcel Ruby (Edition Corsaire)
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